Le constat est plutôt paradoxal. Alors que les runs des contests de freeride n'ont jamais été aussi impressionnants, que les descendeurs n'ont jamais été aussi rapide et que le nombre de pratiquant n'a jamais été aussi élevé, les disciplines de vtt engagé (DH, 4-Cross, Freeride) n'ont jamais été aussi absentes de nos écrans. Pire, quant elles apparaissent, c'est une catastrophe. France Télévision diffusait jusqu'en 2004 un résumé ultra condensé des trois journées des championnats du monde début septembre. Et à chaque fois, le commentateur en charge de l'événement était complètement à l'ouest et s'excitait pendant une heure sur un sport qu'il ne connaissait absolument pas. Bon de toute façon, le problème ne se pose plus désormais puisque France Télévision ne diffuse plus que le Cross-Country, une discipline qui ne rend rien à la télé (et pas grand chose non plus sur un vélo!). Eurosport connaît également son lot de boulettes cela-dit. Récemment, au détour d'un bonus sur Eurosport 2, on pouvait voir le run d'un rider dans une compétition de gros freeride à Saalbach en Autriche, lamentablement soustitré "Bmx". Mais bien sûr...
Pourtant, il y a quelques années encore, on pouvait espérer de jolies choses. Sur la lancée du surf et du snow, la vague du mtb freeride arrivait des États-Unis et les sponsors avec. Avec des vélos extrêmes enfin disponibles à des prix raisonnables pour de grosses performances (3 000 € pour un vrai spad de DH, contre près du double quelques années auparavant), la pratique ne pouvait que se développer. Les représentants français étaient en plus au sommet, avec Nicolas Vouilloz et Caroline Chausson qui trustaient les podiums depuis des années.
Le hic dans tout ça ? Deux raisons principales : tout d'abord, les médias n'ont pas accroché. On ne sait pas trop pourquoi, la mayonnaise n'a pas pris. Et sans visibilité, on fait rien. Ok. Mais si cette visibilité n'est pas arrivé, c'est essentiellement la faute de la fédération française de cyclisme (FFC), qui n'a jamais réellement fait d'effort pour véritablement promouvoir la descente. Elle s'en foutais royalement pour dire les choses plus franchement. À tel point que l'année dernière, la coupe de France se disputait sur trois épreuves ! Une belle saison de vtt donc. Remarque on fais des économies sur les déplacements comme ça !
Est-ce que tout est perdu pour autant ? Pas vraiment. Déjà parce que côté matériel, les bikes ne cessent de s'améliorer et les prix évoluent toujours favorablement (même si c'est sûr cela reste un investissement). Et si Nico et Caro ont depuis un peu disparu des circuits, la relève est là. Dans un style un peu plus décontracté, on a maintenant Cédric Gracia pour faire le show outre-atlantique et sur la scène freeride, ainsi que Fabien Barel et Michael Pascal pour faire des résultats sur les épreuves officielles. Chez les femmes, Nolwenn Le Caer et Sabrina Jonnier ne sont pas en reste. Enfin, les bikes park continuent de se développer et les accros du gros vtt sont toujours là. On passera pas dans leur radio mais on fera le tour comme disaient les autres...

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